miércoles, junio 24, 2009

"La maman et la putain", de Jean Eustache (1973). El final de una quimera.

"Que je vous aime. Regardez, je commence à être saoule et je bégaie et c'est absolument horrible, parce que ce que je dis je le pense réellement. Et je pourrais rester tout le temps avec vous tellement je suis heureuse. Je me sens aimée par vous deux.

...Et l'autre qui me regarde avec les yeux en couilles de mites, d'un air sournois, en pensant : oui ma petite, tu peux toujours causer, mais je t'aurai. Je vous en prie Alexandre, je ne joue pas la comédie. Mais qu'est-ce que vous croyez...

...Pour moi il n'y a pas de putes. Pour moi, une fille qui se fait baiser par n'importe qui, qui se fait baiser n'importe comment, n'est pas une pute. Pour moi il n'y a pas de putes, c'est tout. Tu peux sucer n'importe qui, tu peux te faire baiser par n'importe qui, tu n'es pas une pute. Il n'y a pas de putes sur terre, putain comprends-le. Et tu le comprends certainement.

La femme qui est mariée et qui est heureuse et qui rêve de se faire baiser par je ne sais qui, par le patron de son mari, ou par je ne sais quel acteur merdique, ou par son crémier ou par son plombier... Est-ce que c'est une pute? Il n'y a pas de putes. Y a que des cons, y a que des sexes. Qu'est-ce que tu crois. Ce n'est pas triste, hein, c'est super gai.

...Et je me fais baiser par n'importe qui, et on me baise et je prends mon pied. ...Pourquoi est-ce que vous accordez autant d'importance aux histoires de cul?
Le sexe... Tu me baises bien. Ah! comme je t'aime. Il n'y a que toi pour me baiser comme ça. Comme les gens peuvent se leurrer. Comme ils peuvent croire. Il n'y a qu'un toi, il n'y a qu'un moi. Il n'y que toi pour me baiser comme ça. Il n'y a que moi pour être baisée comme ça par toi... Quelle chose amusante. Quelle chose horrible et sordide. Mais putain, quelle chose sordide et horrible.

Si vous saviez comme je peux vous aimer tous les deux. Et comme ça peut être indépendant d'une histoire de cul. Je me suis fait dépuceler récemment, à vingt ans. Dix-neuf, vingt ans. Quelle chose récente. Et après, j'ai pris un maximum d'amants.
Et je me suis fait baiser. Et je suis peut-être une malade chronique... le baisage chronique. Et pourtant le baisage j'en ai rien à foutre. Me faire encloquer, ça me ferait chier un maximum hein! Là, j'ai un tampax dans le cul, pour me le faire enlever et pour me faire baiser, il faudrait faire un maximum. Il faudrait faire un maximum. Il faudrait m'exciter un maximum. Rien à foutre.

Si les gens pouvaient piger une seule fois pour toutes que baiser c'est de la merde.
Qu'il n'y a une seule chose très belle: c'est baiser parce qu'on s'aime tellement qu'on voudrait avoir un enfant qui nous ressemble et qu'autrement c'est quelque chose de sordide... Il ne faut baiser que quand on s'aime vraiment.

Et je ne suis pas saoule... si je pleure... Je pleure sur toute ma vie passée, ma vie sexuelle passée, qui est si courte. Cinq ans de vie sexuelle, c'est très peu. Tu vois, Marie, je te parle parce que je t'aime beaucoup. Tant d'hommes m'ont baisée.
On m'a désirée parce que j'avais un gros cul qui peut être éventuellement désirable. J'ai de très jolis seins qui sont très désirables. Ma bouche n'est pas mal non plus. Quand mes yeux sont maquillés ils sont pas mal non plus. Et beaucoup d'hommes m'ont désirée comme ça, tu sais, dans le vide. Et on m'a souvent baisée dans le vide. Je ne dramatise pas, Marie, tu sais. Je ne suis pas saoule. Et qu'est-ce que tu crois, tu crois que je m'appesantis sur mon sort merdique. Absolument pas.

On me baisait comme une pute. Mais tu sais, je crois qu'un jour un homme viendra et m'aimera et me fera un enfant, parce qu'il m'aimera. Et l'amour n'est valable que quand on a envie de faire un enfant ensemble. Si on a envie de faire un enfant, on sent qu'on aime. Un couple qui n'a pas envie de faire un enfant n'est pas un couple, c'est une merde, c'est n'importe quoi, c'est une poussière... les super-couples libres...
Tu baises d'un côté chérie, je baise de l'autre. On est super-heureux ensemble. On se retrouve. Comme on est bien. Mais c'est pas un reproche que je fais, au contraire.

Ma tristesse n'est pas un reproche vous savez... C'est une vieille tristesse qui traîne depuis cinq ans... Vous en avez rien à foutre. Regardez tous les deux, vous allez être bien... Comme vous pouvez être heureux ensemble".
(Monólogo de Veronika/Françoise Lebrun, que desafortunadamente no he encontrado traducido al español)

"Un día de mayo del 68, había mucha gente en el café y todo el mundo lloraba. El café entero lloraba. Era muy bello. Habían tirado una bomba de gas lacrimógeno. Ante mis ojos se había abierto una brecha en la realidad".
(Comentario de Alexandre/ Jean-Pierre Léaud)

No es gratuito que Jean-Pierre Léaud, el Antoine Doinel de "Los 400 golpes", se transformara posteriormente en el cínico Alexandre, la encarnación de un dandy desencantado y amoral que, a su vez, encarna el final de los ideales del 68, pone el dedo en la llaga de sus mentiras y contradicciones del mismo modo que "La maman et la putain", la obra maestra de
Jean Eustache, certifica el final de la Nouvelle Vague. Casi tres décadas antes de que Houellebecq volviese a incidir en los mismos temas con un sarcasmo extra, el gran maldito de los cineastas franceses descubría la trampa de una revolución sexual absolutamente insostenible: ni la sociedad podría permitir nunca tal esfera de libertad ni el ser humano, arrogante, egoista y mezquino, merecía disfrutar de ella. En sus tres horas y media cargadas de palabras (irritantes muchas de ellas, provocadoras en general, pero repletas de verdad casi siempre) se manifiesta el final de un sueño que, ahí está su vigencia por encima de los usos y costumbres del París de la época, muestra que, desde entonces, prácticamente nada ha cambiado.

O quizá sí una cosa. En esa película, reverso oculto de los aireados escándalos de "El último tango en París" o "El imperio de los sentidos" (ambas de la misma época), aún no se vislumbra del todo que la llamada revolución sexual de los 60 sólo servirá para su posterior mercantilización, una despiadada utilización por parte de la sociedad de consumo que supondrá el siguiente paso en la aniquilación de la felicidad sentimental y sexual del individuo. Pese a ello, el malestar que se desprende de la peli de Eustache es genuino, lúcido, visceral. Todo lo que no ves lo ves sin necesidad de que se muestre.

Me he perdido, mierda, los dos pases de "La maman et la putain" en la Filmoteca, pero me da para un post entre documentación y entre los recuerdos de verla en una cinta de VHS que en su día me grabó el mayor fan de la peli que conozco,
Hangtheguille, y que también escribió este genial artículo sobre Eustache en el Feedback-Zine. Es un buen punto de partida para finalizar la entrada con citas mucho más reveladoras que cualquier cosa que pueda decir yo:

-"Cuando Veronika dice a Alexandre "Las cosas ya no significan mucho para mí", es mucho más doloroso que si lo hubiese dicho él , porque no vemos ninguna evidencia de que nada haya significado nunca nada para él" (...) "También se sugire que la mujer es moral e intelectualmente superior a los personajes masculinos pero que esa superioridad les ha servido de bien poco en su búsqueda de la plenitud y la compañía. Las dos mujeres de la película se juntan con hombres no porque no sepan hacer algo mejor, sino porque la compañía vacía es mejor que la soledad. Ellas no esperan casi nada de la interacción humana, pero siguen dejándose llevar, agarrándose a lo poco que eso tiene que ofrecerles" (Jared Rapfogel en "Senses Of Cinema")

-"La película se ha convertido en la gran crónica de la deriva sentimental del 68, en una radiografía de ese momento en el que despúes de las utopías los jóvenes buscaron soluciones individuales y encontraron su refugio en el sexo. Sin embargo, si observamos detalladamente la película, veremos que las cosas no son tan claras. Eustache no habla de la utopía, sino de su cansancio. La figura del joven rebelde ha sido sustituida por la del dandy insportable, que previere la provocación por la provocación a la lucha política. La crónica de la revolución sexual se transforma en la descripción de sus sinsabores y en la plasmación de cómo la juventud que podía follar sin complejos, porque tenían la píldora y aún no había surgido el fantasma del sida, acabó encumbrando un cierto vacío existencial" (Ángel Quintana en "Cahiers du cinema)

-"Aprendí a articular unos diálogos en los que la palabra nunca podía llegar a detenerse porque, en el fondo, era una palabra herida" (Françoise Lebrun)

-"Una periodista me increpó en la rueda de prensa en Cannes porque a lo largo del monólogo pronunciaba hasta setenta veces la palabra follar. Le contesté que era una lástima que hubiera perdido el tiempo en contarlas, en vez de disfrutar de la película" (Françoise Lebrun)

-"Es cierto que en el monólogo de Veronika, que acaba diciendo que después de follar con quien sea, ahora es preciso follar con quien se ama para engendrar hijos, puede parecer que recoge un mensaje propio del Papa actual. También es verdad que Eustache quiso arremente contra muchos de los excesos del 68, pero también que en el interior de la película hay un sentido claro de provocación y de insolencia que refleja cómo éramos en aquella época. Muchas de las provocaciones del personaje de Jean-Pierre Léaud son gratuitas, machistas y poco acordes con el sentimiento de liberación femenino que vivíamos entonces. Esa es la contradicción de una utopía que no se forjó desde ideales puros, sino desde una cierta ambigüedad" (Françoise Lebrun)

-"Dos figuras se presentan como modelos: la pareja moderna, la mujer 'liberada', según la abyecta expresión que se empleaba entonces. Toda revolución, por generosa y eufórica que sea (y tal fue el caso del movimiento de mayo) tiene su reverso represivo: el batir de la imaginación puede conducir a esquemas normativos. La doxa del post 68 es "¡gozad!". El error fue creer que esa consigna podía reglamentar el desorden de los sentimientos. La película de Eustache da testimonio, con una extraña lucidez, de esa ideología de la libertad sexual, finge abrazar la doxa amorosa para desvelar mejor su carácter represivo, para revelar sus zonas ocultas, las que la ceguera producida por la consigna impedía ver: el tormento, el sufrimiento. "La maman et la putain" instala a sus personajes y sus frases sobre un territorio cuyo mapa se descubrirá aterrador. Tras las apariencias engañosas de un tejido social reparado, reconciliado, Eustache dibuja la aspereza del socius, los desgarros del vínculo amoroso. La intención de la película se podría resumir así: "Nos han hecho creer que todo era posible. Es mentira. Nos han engañado"" (Alain Philippon en "Cahiers du cinéma".

Canción del día:
"La maman et la putain" (Diabologum)

Frases del día: "Nunca he pagado por una mujer" (Silvio Berlusconi)/ "Yo no ligo nada, en general, ni en festivales ni fuera de ellos" (La China Patino)

2 Comments:

Anonymous C. said...

La traducción al monólogo, aquí:
http://gonzolog.net/2006/06/la-mama-y-la-puta/

:)

8:40 a. m.  
Blogger David said...

¡Oh, pues sí que estaba! Muchas gracias de mi parte y de la de los lectores.

10:23 a. m.  

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